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Que reflète le prix de l’eau ?

Il suffit simplement d’ouvrir son robinet pour accomplir de nombreux gestes du quotidien, tels que boire ou se laver. Pourtant, l’eau aura parcouru un long trajet et subi de nombreuses transformations avant de rejoindre nos bâtiments. Si l’eau n’a pas de prix, ces étapes d’approvisionnement, parfois méconnues, entraînent pourtant un coût pour l’utilisateur. Explications.

De quoi se compose le prix de l’eau ?

Avant de pouvoir être consommée, l’eau doit être collectée, stockée, traitée puis distribuée. Les eaux usées subissent ensuite de nouvelles phases de transport et de traitement. Ce que paie en réalité un abonné, c’est le coût de service de l’eau potable.

La production de l’eau

Elle consiste à capter l’eau des nappes phréatiques, des sources naturelles, des retenues et cours d’eau, via des ouvrages de prélèvement tels que puits et forages. L’eau est ensuite transportée dans des canalisations jusqu’aux usines de potabilisation. Elle subit alors plusieurs traitements adaptés à ses caractéristiques. La mise en œuvre et l’entretien de ces infrastructures, les contrôles qualité et la protection du site de captage contre les pollutions entraînent des coûts répercutés dans le prix final de l’eau payé par le consommateur.

Le stockage et la distribution

Rendue potable, l’eau est ensuite transportée via un réseau de canalisations et stockée dans des réservoirs avant d’être acheminée vers les points d’utilisation. La création et le renouvellement des réseaux et des réservoirs, la surveillance et l’exploitation des réseaux et les contrôles de la qualité de l’eau distribuée engendrent des frais additionnels inclus dans le montant payé par l’usager.

Le traitement des eaux usées

Le prix de l’eau doit couvrir les dépenses liées aux différentes étapes du cycle de l’eau potable. À ces frais s’ajoutent des taxes et des redevances : 23% du prix payé par le consommateur est reversé aux agences de l’eau, aux Voies navigables de France et à l’État via la TVA.

Qui fixe le prix de l’eau ?

Ce sont les collectivités, et plus particulièrement les communes, qui gèrent les services publics de l’eau et fixent la tarification des services d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement, par délibération du conseil municipal. Cette tarification comprend une part fixe et une part variable. La part fixe, indépendante de la quantité d’eau consommée, correspond au montant forfaitaire de l’abonnement. Elle sert à financer les investissements dans les infrastructures ou les salaires des agents. Cette part ne peut dépasser un plafond de 30% (ou 40% pour certaines communes rurales ou touristiques) du coût des services d’eau potable et d’assainissement collectif fixés par la loi sur l’eau et les milieux aquatiques. La part variable dépend du volume d’eau consommé par l’abonné. Certaines collectivités de moins de 1000 habitants peuvent solliciter une dérogation préfectorale pour facturer l’eau au forfait, si elles disposent d’une ressource en eau suffisamment abondante.

Pourquoi tant d’écart entre les communes ?

Si les français paient en moyenne 4,30€ par mètre cube d’eau, il existe de grandes disparités de prix entre régions.  Les raisons sont multiples :

  • La densité de population : plus une commune est peuplée, plus rentables sont les équipements, car les coûts associés sont davantage partagés. C’est pourquoi le coût de l’eau est souvent plus élevé dans les zones isolées en campagne.
  • La qualité de l’eau : la qualité de l’eau dépend pour beaucoup de son origine. Ainsi, l’eau des rivières présente une qualité inférieure à celle issue des nappes phréatiques. Elle nécessite davantage d’équipements pour son traitement. L’éloignement ou la profondeur de l’eau prélevée peut aussi impacter le niveau d’investissement nécessaire de la part des communes.
  • Les conditions géologiques : plus le site de captage est profond ou éloigné de son lieu d’utilisation, plus l’acheminement de l’eau coûte cher. La longueur des réseaux et la nécessité d’un pompage ou non, impacte le montant final payé par le consommateur.
  • La fragilité du milieu récepteur : si l’environnement doit particulièrement être protégé, les procédés de traitement des eaux usées devront être adaptés.
  • La politique des collectivités : la commune ou le groupement intercommunal peut choisir d’opter pour une gestion directe des services de l’eau ou la déléguer à un prestataire extérieur, ce qui amène à des stratégies d’exploitation différentes.

Faut-il repenser le coût de l’eau ?

Si le prix de l’eau potable est resté plutôt stable ces dernières années, de nombreuses collectivités ont décidé de revoir leurs prix à la hausse en 2023. L’assainissement et la distribution de l’eau potable sont touchés par l’envolée des coûts de l’énergie et les factures d’électricité pèsent sur les budgets des gestionnaires. Ces derniers doivent aussi s’adapter face à la hausse du coût des chantiers et des réactifs nécessaires à la potabilisation de l’eau (javel, soude, chaux, charbons actifs…).

Faut-il augmenter encore davantage le prix de l’eau pour inciter à sa préservation ? Habitués à l’abondance de la ressource, la protection de l’eau a du mal à s’ancrer dans notre culture. La question de l’équité sociale se trouve au cœur de cette réflexion. Faut-il réduire le prix de l’eau dédiée aux besoins primaires, liés à l’hygiène et l’alimentation, tout en augmentant celui des usages de confort (laver sa voiture, arroser son jardin, remplir sa piscine…) ? C’est bien là l’objectif des tarifs différenciés, déjà déployés par certaines collectivités. La métropole de Montpellier a ainsi décidé de faire payer davantage ses plus gros consommateurs. Depuis 2023, les particuliers des 14 communes de la métropole disposent de 15 000 litres d’eau gratuits par an. Au-delà, un tarif progressif s’applique : plus l’usager consomme de l’eau, plus son prix augmente. Avec cette nouvelle grille tarifaire, 70% des foyers devraient voir leur facture diminuer. Ce sont bien les surconsommations et les gaspillages qui sont visés par cette tarification qui se veut à la fois écologique et sociale.

Maîtriser sa consommation pour diminuer le coût de l’eau

Trop peu d’usagers ont aujourd’hui conscience que 20% de notre eau est perdue dans nos réseaux chaque année en France. La préservation de la ressource ne passe pas seulement par une transformation des usages, mais aussi par la prévention des fuites et des gaspillages. C’est le sens des solutions déployées par le Groupe Claire. Les boîtiers connectés Wayve paramètrent les volumes d’eau distribués afin de rationaliser les consommations. Ils offrent un contrôle précis des données consommées sur les réseaux et alertent les gestionnaires au-delà d’un certain volume consommé. Avec ces solutions intelligentes, nos équipes accompagnent les collectivités dans la prévention des gaspillages et la pérennisation de la ressource en eau sur les territoires.